James Cameron est un réalisateur un peu martyr depuis Titanic. Énorme succès et donc, beaucoup de détracteurs qui souvent, à part un "c'est pourri" et "je déteste Céline Dion",
n'arrivent pas très bien à définir pourquoi ils détestent le film. 12 ans plus tard, rebelote pour Iron Jim et Avatar ou on a pu voir la folle culture des gens pour qui:
- Pocahontas est un Disney et non une figure mythique de l'Histoire Américaine.
- Le cinéma commence en 1990 parce que ca ressemble à Danse avec les loups.
Effectivement, le Mythe du "Héros" a été inventé il y'a 20 ans. Merci les gens.
Prenons Joseph Campbell et sa théorie du Monomythe:
Ainsi tous les héros mythiques débuteraient leur périple à la suite d'un « appel à l'aventure » - ce qui implique que le héros quitte l'environnement dans lequel il a grandi. Il
devra ensuite faire face au « gardien du seuil », premier obstacle dans son voyage qui, une fois franchi (la plupart du temps avec l'aide d'un mentor ou d'un guide spirituel), lui
permettra de pénétrer dans un monde plus spirituel - généralement représenté par une forêt sombre, un désert, une grotte ou bien encore une île mystérieuse. Il va y subir une série d'épreuves lui
permettant de dépasser son mentor et d'accomplir enfin l'objet de sa quête (le plus souvent une réconciliation avec le père, une union sacrée ou une apothéose) représentant symboliquement
l'émancipation. Il retournera ensuite chez lui complètement transfiguré par l'expérience de son voyage initiatique. (source Wikipédia)
Ou encore certains archétypes de la Cosmogonie:
L'eau:
Symbole de vie et de pureté, l'eau intervient comme élément primordial chez le présocratique Thalès et aussi comme élément rénovateur, par le biais du Déluge évoqué par plusieurs mythes
fondateurs et cosmogonies. Il rappelle à l'homme sa faiblesse face aux puissances célestes et permet le renouvellement du monde grâce aux meilleurs des humains
(le roi Manu, sauvé par Vishnu et transformé en poisson, Noé et son arche, Deucalion et Pyrrha sauvés par Prométhée). (source Wikipédia)
Intéressant de voir que l'eau et plus particulièrement les abysses passionnent James Cameron depuis des dizaines d'années. Il suffit d'être attentif à la faune et la flore de
Pandora pour y voir une grande influence Océanique, qui dans la Mythologie Hindouiste, par exemple, joue un rôle fondateur (La réincarnation / l'avatar par exemple ou comme le joli bleu
de Vishnu).
Non, non, L'Hindouisme n'a pas été inventé par Kevin Costner ni par la tête congelée de Walt Disney.
L'arbre:
Dans de nombreux mythes, un arbre (arbre de vie) ou une plante divine, magique ou sacrée joue un rôle (qu'on retrouve peut-être avec l'arbre au fruit défendu,
du jardin d'Éden dans la Bible). L'arc-en-ciel (passage ou pont entre ciel et terre, ou entre deux points de la grande forêt en Amazonie) leur est parfois associé.
Par exemple, un bambou géant primordial, ouvert par le bec de l'oiseau légendaire Sarimanok dans la cosmogonie du folklore philippin d'où descendent Malakas et
Maganda le premier homme et la première femme.
Dans la mythologie nordique, Yggdrasil est l'Arbre-Monde sur lequel reposent les neuf mondes.
Pour ceux qui ont vu le film, je ne vais pas vous insulter en vous mettant une photo d'un certain arbre de Avatar.
La Figure du Héros qui est illustrée par Cameron, qu'elle touche la réalité ou la fiction, Avatar l'utilise car elle est universelle.
L'archétype de Sully est le même que celui de Prométhée, d'Ulysse, de Luke Skywalker, de Marty McFly ou de Sam Gamji.
La plus grande des aventures pour un Héros est dans son esprit: Savoir s'émanciper.
Il est d'une thématique qui revient constamment dans le cinéma de James Cameron c'est celle que je nomme "la femme lionne". Bon, j'aurai pu aussi appeler ça "De l'émancipation et du
matriarcat dans le cinéma de James Cameron". Mais ca fait un peu pompeux. Mais classe. Mais pompeux. Donc j'illustre ça plutôt par une figure qui dans l'imagerie collective donne: une lionne
ca t'égorge si tu t'approches de ses petits (j'aurai pu utiliser l'Ourse, mais ca sonne moins bien. Et J-J Annaud aurait pu me faire un procès).
En 30 ans de cinéma, Iron Jim, a utilisé cet archétype (le premier qui me parle de Bodyguard avec Costner, je l'égorge) dans tous ses films [1].
A travers quelques plans, étudions donc tout ça.
TERMINATOR
La désormais célèbre Sarah Connor (j'y pense, mais peut-être que le Terminator essayait simplement d'effacer la mode vestimentaire des années 80), héroïne tragique du métrage.
Pensez-y, une jeune fille lambda à la vie morne qui rencontre l'amour de sa vie car il lui la sauve et qui ne peut passer qu'une seule et unique nuit avec lui, avant qu'il ne meure en la
protégeant. Si ca c'est pas du Drame, putain.
Sur ce plan, Sarah Connor est affilié comme victime suivante sur la liste du Terminator. Elle est seule à une table, un pointeur laser marqué sur son front. De ce qu'on peut
voir dans les séquences précédentes, elle n'est pas plus belle ou intelligente que les autres. Sa vie fade suit son cours avec son lots de malheurs quotidiens. Cette nuit dans cette boîte de nuit
changera son destin et la place qu'elle prend pour la survie de l'Humanité.
Pendant une bonne partie du métrage elle sera "porté" par Kyle Reese (Come with me if you want to live est la première phrase qu'elle entend venant de lui), lui tenant la main,
pour qu'il la protège de la mort. Elle sera très peu active dans l'action et fuira toujours. Jusqu'a...
- You're terminated, fucker
Deux plans rapprochés, deux regards bien différents. Dans le 1er cadrage, on ne voit que l'incompréhension et une certaine douceur, dans le second, qu'une grande froideur et de l'abnégation
(ordre inversé dans Terminator 2).
Au moment ou Sarah Connor appuie sur le bouton pour écraser le squelette métallique de son ennemi, c'est son ancien elle qu'elle détruit. La chenille s'est changée en papillon.
ALIENS - LE RETOUR
Dans Aliens, Ellen Riplay, seule survivante du Nostromo, réapparait comme victime de l'opus précédent. Hantée par des cauchemars, ayant perdu sa fille pendant son
sommeil en stase et se faisant virer de son boulot comme pilote, elle cumule la "gueule de bois post-aventure". Le plan ci-dessus la montre se réveillant de son mauvais rêve récurrent ou elle
donne naissance à un Alien.
Plus tard, on lui demandera de revenir sur la planète ou les Aliens furent trouvés. D'abord réticente, elle acceptera la mission, plus pour mettre un terme à sa peur que pour retrouver
son ancien statut social.
Aliens donne une vue très guerre du Vietnam avec son peloton de Marines sûrs d'eux. Décimés par des êtres sans technologies qui se cachent dans des trous (référence aux
bases souterraines des Vietcongs).
Ellen y fera la rencontre de Newt, une petite fille seule survivante de l'invasion Alien. Même âge que sa fille lors de son départ dans le Nostromo dans le précédent
opus. Sa fibre maternelle grandira peu à peu lors du métrage, ainsi que son coté femme avec la complicité entre un Marine (Hicks, joué par Michael Biehn... Kyle
Reese dans Terminator) et elle.
Alors que tout va mal, Newt et Ellen sont séparées et après l'avoir récupéré des griffes de la reine Alien en jouant aussi sur sa fibre maternelle (elle menace de
brûler les œufs, obligeant la reine à rester immobile. Quand à son coté femme, je ne sais pas. Même dans le director's cut, on ne la voit pas flirter avec un Alien), elles
peuvent rejoindre le vaisseau en orbite. Problème, la reine les a suivis et s'apprête à avoir Newt en petit-déjeuner. Jusqu'à...
- Get away from her, you bitch!
Point intéressant tout d'abord. L'armure qu'elle porte et dont elle se sert extrêmement bien et introduit tout le long du film. En premier par Burke (le bureaucrate traître), au
début du film, qui de façon implicite lui parle de son nouveau travail (démonstration théorique), puis quand elle aide les Marines à charger le vaisseau (elle à un permis pour pouvoir
l'utiliser. Démonstration pratique). En la voyant maintenant, on ne se pose pas de questions en se disant "mais putain, comment elle sait la faire marcher?!", tout est naturel, on y
croit, ca ne vient pas comme un cheveu sur la soupe (ou un face-hugger sur le visage! HAHAHA... Hum).
Je vous parlais de la femme-lionne, Ripley en est un parfait exemple dans le plan ci-dessus. Fini la victimisation. Tout dans la conception du cadrage le montre. Contre-plongée sur le
personnage et lumière blafarde venant de l'arrière plan. Ellen est là pour "égorger" l'ennemi qui veut s'en prendre à son petit. Les cauchemar sont un lointain souvenir et la mort du
Boogeyman qui sera aspirer dans le vide inter-stellaire symbolisera sa délivrance et le renouveau du personnage.
Le film se finira sur la famille reconstruite de Ellen Riplay: Un "mari", Hicks, et un enfant, Newt.
Famille qu'elle perdra dans Alien 3. Mais ceci est une autre histoire.
FIN PARTIE 1
(à suivre dans la partie 2: Terminator 2, True Lies et Titanic. Et la conclusion sur la thématique du Matriarcat)
[1]Petite parenthèse: On considère souvent que Piranha 2 est son premier film. C'est plus faux que vrai. C'est surtout le producteur,
insatisfait du travail de Cameron qui a reprit beaucoup de choses (James Cameron disait basiquement "action" et n'avait pas le droit de voir les rush ou de participer au montage), donc
je ne le compte pas dans sa filmographie.
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